Finale de la Coupe du Président : Les dessous du boycott de Tevragh Zeina | Nor Info

Finale de la Coupe du Président : Les dessous du boycott de Tevragh Zeina

mar, 27/06/2017 - 02:38

Le grande finale de la Coupe du Président de la République, événement annuel qui clôt la saison sportive en Mauritanie, devait se jouer dimanche dernier. L’affiche alléchante entre les deux finalistes, le FC Nouadhibou et le FC Tevragh Zeina, avait drainé un monde fou au stade Cheikha Boïdiya. Mais au grand dam des autorités politiques et des nombreux supporters qui ont fait le déplacement, la rencontre n’a finalement pas eu lieu. Le public sportif est reparti du stade Cheikha Boïdiya - théâtre supposé d’une belle empoignade entre les deux plus grands clubs en Mauritanie - ruminant une colère largement justifiée. Et pour cause ! En cette nuit de mois béni du Ramadan, des centaines d’amateurs du ballon rond ont convergé vers l’ancien stade de la capitale, pour assister à ce qui devait être « l’un des match de l’année ». Malheureusement, un seul des deux finalistes a répondu présent, le FC Nouadhibou. Aucune trace de son adversaire, le FC Tevragh Zeina, qui a préféré boycotter le rendez-vous, laissant les organisateurs, les politiques et les supporters, complètement stupéfaits. Dans les gradins, l’interrogation se lisait sur les visages des spectateurs, qui, de bouche à oreille, tentaient de comprendre les raisons d’un tel acte. Le « Wely Gate » à l’origine ! Remontons le temps… pour se hisser en finale de l’édition 2017 de la Coupe du Président, le FC Nouadhibou a eu recours aux tirs au but pour se défaire de l’AS Garde. Battus sur le terrain, les Gardes, visiblement amers, ont décidé de formuler une évocation contre un sociétaire du club orange, en la personne de Yacine Cheikh El Wely (VOIR PHOTO). Ce dernier, d’origine sahraouie, serait « accusé » de détenir une licence basée sur une fausse attestation d’État civil mauritanienne. Le règlement de la Division 1 stipule que chaque club a droit à trois joueurs étrangers. Et comme le FC Nouadhibou comptait déjà un ghanéen et deux sénégalais dans son effectif, il n’était plus en mesure de dépasser ce nombre, au risque de s’exposer à de lourdes sanctions. L’affaire a été portée devant la commission de discipline de la Ligue Nationale de Football, avant de se retrouver entre les mains de la FFRIM, qui a finalement tranché en faveur du FC Nouadhibou. Le manque de preuves dans le dossier de la Garde, ajouté aux documents justificatifs présentés par la formation stéphanoise, ont motivé la décision prise par l’instance faitière du football mauritanien. Des intentions plus prosaïques Et le rapport avec le FC Tevragh Zeina, me direz-vous ? En boycottant la finale de la Coupe du Président de la République, le club de la capitale a affiché publiquement son soutien à la Garde, et montré son désaccord avec l’arbitrage de la Fédération Mauritanienne de Football, jugé un peu trop partial. L’étiquette collée au Président de la FFRIM, Ahmed Yahya, cofondateur et ancien patron du FC Nouadhibou, est brandie comme argument. Alors qu’une campagne de dénigrement frénétique a été lancée sur les réseaux sociaux à l’encontre de la personne d’Ahmed Yahya et de l’instance qu’il dirige, des questions restent tout de même en suspens. Pourquoi le FC Tevragh Zeina, qui n’était pas directement concernée par cette histoire, s’est tout d’un coup érigé en défenseur de la veuve et de l’orphelin avec autant d’acharnement ? Évidemment, si le FC Nouadhibou venait à être sanctionné, le FC Tevragh Zeina récupèrerait le titre de champion remporté par l’ASAC Concorde. L'équipe entraînée par Birama Gaye ayant terminé la saison sur la deuxième marche du podium, se retrouverait première, car les points glanés par les Concordiens face au FC NDB seraient automatiquement retirés. Mais au-delà du simple fait de décrocher un nouveau trophée, il semblerait que les intentions du club de la capitale soient bien plus prosaïques qu’il n’y paraît. En fait, l’enjeu serait plutôt financier. Selon certaines indiscrétions, la mairie de Tevragh Zeina, principale bailleresse, commencerait à grincer des dents au vu des énormes dépenses engendrées par la gestion de l’équipe. Et la subvention de 17,5 millions d’ouguiyas allouée au champion est une bouffée d’oxygène pour la présidente du club, Fatimetou Mint Abdel Malick. Mais pas que… le vainqueur du championnat se verra aussi octroyer une forte somme en guise de participation à la Coupe Arabe des Clubs (jusqu’à 700 mille dollars). De quoi forcément aiguiser des appétits. Les mêmes sources indiquent que Madame le maire miserait sur cet argent pour continuer à soutenir le club. Ce qui aurait poussé le président de la section football, Moussa Khairy, à faire de la réserve de la Garde une affaire personnelle. Depuis quelques temps, une guerre est enclenchée sur les réseaux sociaux afin de pousser la FFRIM à revenir sur sa décision. Alors qu’Ahmed Yahya avait pourtant démontré, preuve à l’appui, la régularité du dossier de Yacine Cheikh El Wely. Cependant, on est tenté de se demander si le FC Tevragh Zeina aurait pris fait et cause pour la Garde s’il avait été sacré champion. Sinon, comment expliquer qu’aucune démarche n’ait été entreprise en début ou moitié de saison contre le joueur du FC Nouadhibou ?