Les faits qui ont marqué 2016 | Nor Info

Les faits qui ont marqué 2016

jeu, 12/01/2017 - 14:41

Cette année l’actualité qui a été riche et diverse a été dominée par plusieurs faits dont le dialogue politique, le procès de cadres de Ira, le procès en appel de Ould M’Kheittir, le sommet de la Ligue Arabe, l’enrôlement… Retour sur quelques uns de ces faits.

 

Interpellés dans les heures qui ont suivi les heurts d’avec les forces de l’ordre au niveau du squat sise la Fondation Bouamatou, 23 militants parmi lesquels figurent plusieurs cadres d’IRA sont accusés d’attroupement armé et non armé et d’avoir usé de violence à l’égard des policiers. Après un procès boycotté par les avocats de la défense, les accusés sont condamnés à de lourdes peines de prison (15 ans de prison pour 5 d’entre eux). Après une très forte pression de la communauté internationale et nationale, le procès en appel de ces militants de Ira en novembre dernier s’est soldé par plusieurs acquittements et réduction de peine pour les derniers incarcérés. 

Un autre fait judiciaire continue d’ailleurs encore de faire couler de l’encre dans le pays : il s’agit de celui  de Ould M'Kheitir qui avait  été condamné à mort le 24 décembre 2015 par la Cour criminelle de Nouadhibou pour apostasie après avoir écrit un texte jugé blasphématoire et dont le procès en appel devant la cour suprême (le 19 décembre) est encore renvoyé pour le 31 janvier de ce début d’année 2017. Cette hésitation de la justice traduit d’ailleurs l’embarras du pouvoir qui ne sait pas à quel sait se vouer dans cette affaire, tiraillé entre les pressions contradictoires de la rue et de la communauté internationale.
 

Cette année a été également marquée par la tenue du Sommet de la Ligue arabe qui s’est achevé le lundi 25 juillet à Nouakchott. Prévu sur deux jours, ce sommet aura finalement été condensé en un seul, et n’aura vu siéger que six chefs d’État en plus de leur homologue mauritanien, l’Arabie saoudite et l’Égypte s’étant désistés. L’agenda initial comportait plusieurs questions, dont la sécurité dans le monde arabe, ainsi que le projet d’une force commune à cet ensemble de pays où les foyers de tensions sont nombreux : Libye, Irak, Yémen, Syrie, territoires palestiniens… Si le pouvoir s’est targué d’une réussite totale, l’opposition quant à elle a raillé le président Aziz et a souligné l’échec de cette rencontre.

Autre fait marquant, le dialogue politique inclusif dont les travaux ont pris fin le 18 octobre 2016.
Au sortir de cette rencontre, il a été prévu un référendum portant entre autres sur la suppression du Sénat, la modification de l’hymne national et du drapeau etc. Ce dialogue a été boycotté par le FNDU qui renferme les principaux partis d’opposition en Mauritanie ainsi que par le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD).
Le parti Alliance Populaire Progressiste dirigé par Messoud Ould Boulkheir, qui prenait part au dialogue s’était, finalement, retiré des assises du dialogue protestant contre les déclarations du ministre, porte-parole du gouvernement relatives à la limitation des mandats. Mais finalement ce parti a cautionné les clauses du dialogue dit inclusif.

Enfin la question de l’enrôlement comme chaque année s’invite parmi les faits les plus saillants de l’actualité. Cette année encore,  il y a plusieurs manifestations contre les conditions de cette opération dont certaines ont été émaillées de violences comme à Keur Macène ou Kaédi. A Nouakchott également le mécontentement est grand surtout depuis la circulaire du ministre de l’éducation nationale exigeant la carte d’identité nationale à tous les examens nationaux. Cette exigence nouvelle venue se greffer à des conditions déjà très difficiles et des fois jugées discriminatoires.

Mais également l’on ne saurait terminer sans évoquer le cas des rafles d’étrangers, ressortissants d’Afrique noire surtout, pour le problème de cartes de séjour. Des opérations qui se sont poursuivies tout au long de l’année jusqu’au mois de novembre où un réseau de corruption impliquant des personnalités de la police, aurait été découvert. Depuis la tension est retombée d’un cran et cette opération est désormais confiée à la gendarmerie.

AH SOW