Affaire Ould Ghadda : La tournure politique d’un accident de la circulation | Nor Info

Affaire Ould Ghadda : La tournure politique d’un accident de la circulation

lun, 15/05/2017 - 02:50

Le sénateur Mohamed O. Gadda parti de Nouakchott le vendredi 12 mai pour rendre visite à son père à Rosso ne pensait pas qu’il allait faire un mauvais quart d’heure dans cette capitale de région. En effet, au moment où il s’apprêtait à rentrer dans cette ville à 22 km que le sénateur tentait d’éviter un troupeau de camelins qui traversait la route, perdant le contrôle de son véhicule qui est allé percuter une baraque pour la vente de légumes à plus de 10 mètres de la voie. Cet accident tragique a provoqué la mort de deux personnes une femme enceinte et un enfant ainsi que deux blessés. Dès que l’accident s’est produit, Mohamed ould Ghadda un sénateur du groupe des indépendants avait entrepris les opérations de secours pour les blessés et l’évacuation des victimes suivi d’une rencontre avec ses proches. La gendarmerie est venue sur place pour voir la situation. Elle a effectué les constats d’usage de façon normale, avant de revenir pour arrêter le sénateur, fouillé sa voiture et retirer ses téléphones. Le fait était surprenant car pour lui le problème n’était qu’un tragique et brutal accident intervenu par inadvertance. Il ne devrait pas avoir une allure politique. Ce qui, fait inédit ; conduit à la création d’une commission sénatoriale de 16 membres. Cette commission de crise avait déclaré le samedi 13 mai que le traitement réservé par la gendarmerie à l’élu était une provocation et une entorse à la loi, mais celle-ci a affirmé qu’elle n’a fait qu’exécuter des « instructions venues de là haut ». le sénateur a déjà passé deux nuits avec les gendarmes mais il a pu être en contact avec ses proches, les proches des victimes, des hommes politiques de son bord et la commission des sénateurs. Pourtant, les parents des victimes s’étaient rendus vendredi soir auprès de la gendarmerie de Rosso, et ont déclaré qu’ils ne portent pas plainte après l’accident et qu’ils abandonnaient toute poursuite dans ce dossier. Des proches du sénateur avaient insisté auprès de ces victimes de lui éviter de passer la nuit en détention, mais les gendarmes leur ont demandé de revenir samedi à 10 heures en compagnie des parents des victimes. Dans une conférence de presse, les sénateurs ont dénoncé le traitement infligé au parlementaire, dont le véhicule avait été fouillé, ses téléphones confisqués avant d’être détenu dans un lieu secret, sans aucun respect pour son statut de parlementaire qui lui confère une immunité. Le sénateur a d’abord reçu certains proches avant la famille des victimes qui ont déclaré que le dossier est clos et qu’ils ne portent pas plainte, car ont-ils dit ce qui est arrivé est tout simplement un accident. Le correspondant ajoute que cette rencontre a eu lieu dans la cour de la caserne aux premières heures du soir en présence de certains gendarmes. O. Gadda a ensuite reçu une délégation du forum national pour la démocratie et l’unité dès son arrivée dans la capitale du Trarza. Cette délégation comprend le président du parti Hatem et responsable de la communication du FNDU, Salah O. Hanena, Yeslem O Ebnou Abdem et l’ancien bâtonnier des avocats, Ahmed Salem O. Bouhoubeini. L’avocat O. Bouhoubeini était arrivé à Rosso vendredi soir et s’est engagé à défendre le sénateur et a joué un rôle important dans l’établissement des procurations exigées des parents des victimes. Le sénateur Mohamed O. Gadda fait partie des importantes personnalités indépendantes du forum. Celui-ci n’a pas encore annoncé, au soir du lundi 15 mai , une quelconque position relativement à l’arrestation du sénateur. Cependant, l’avocat Ahmed Salem O. Bouhoubeini, ancien bâtonnier du barreau qui s’est engagé à défendre le sénateur Mohamed O. Gadda, a déclaré que l’affaire qui était au départ un accident de la route revêt désormais un cachet politique, après que les autorités se sont abstenues de libérer son client, malgré la fin des formalités judiciaires. Dans un entretien accordé à Sahara Media, O. Bouhoubeini a dit que l’usage, dans de pareils cas, est la libération de la personne sous caution en l’absence de doute. Il a ajouté que les proches des victimes ont bien rempli ces dispositions, dans un document notarié et devant un greffe, ce qui devait conduire à la libération du sénateur. « Il semble, a ajouté l’avocat que l’affaire est gérée en dehors des instances concernées, la gendarmerie et le procureur au niveau de Rosso. Il est profondément regrettable que le comportement de l’administration et la justice revêtent à chaque fois des particularités plutôt que les règles et les procédures édictées, ajoutant que l’affaire a revêtu un cachet politique. » O. Bouhoubeini, importante personnalité indépendante membre du forum national pour la démocratie et l’unité, ancien bâtonnier du barreau mauritanien et avocat du sénateur, était arrivé vendredi à Rosso et avait entrepris les démarches afin de faire libérer son client. L’avocat a déclaré par ailleurs qu’il avait été autorisé samedi après midi 13 mai à rencontrer le sénateur. Il dira qu’il l’a trouvé dans de bonnes conditions et bien traité et les gendarmes lui avaient restitué ses téléphones lors de sa présence . Il a enfin affirmé qu’il restera à Rosso jusqu’à ce que les choses s’éclaircissent. Avec sites