Les régions du nord du pays : Entre richesses naturelles et négligences institutionnelles | Nor Info

Les régions du nord du pays : Entre richesses naturelles et négligences institutionnelles

mer, 01/01/2025 - 02:21

Les régions du nord de la Mauritanie, notamment Akjoujt, Nouadhibou, Atar et Zouerate, regorgent de richesses naturelles considérables, allant de la pêche à l'exploitation du cuivre, du fer, de l'or, et de l'uranium. Ces territoires sont des piliers de l'économie nationale, participant largement à la balance de paiement du pays et au financement du budget national. Cependant, malgré leur rôle crucial dans l'enrichissement de la nation, ces régions demeurent les grandes oubliées des politiques de développement.

Des ressources naturelles sous-exploitées au profit du pays

L'importance des ressources naturelles dans ces régions est indéniable. Akjoujt, avec ses mines de cuivre, et Zouerate, avec son exploitation du fer, représentent des sources essentielles de revenus pour le pays. Nouadhibou, en tant que capitale économique, bénéficie d'une activité maritime intense et joue un rôle central dans la pêche, secteur vital pour la Mauritanie. Atar, malgré son éloignement, est une zone stratégique grâce à ses ressources et son potentiel pour le développement du tourisme et de l'agriculture. Néanmoins, malgré ces contributions significatives, ces régions restent insuffisamment prises en charge par les politiques publiques. La richesse naturelle qu'elles génèrent semble ne pas être réinvestie dans le développement local. En effet, les infrastructures sont inexistantes ou dans un état de délabrement avancé. Les routes, essentielles pour la mobilité des populations et des biens, sont quasi-inexistantes dans certaines zones, voire impraticables. Ces carences en matière d'infrastructures compliquent non seulement le quotidien des habitants mais freinent également le potentiel de développement économique des régions.

Le paradoxe du budget national et de la dette extérieure

Il est incompréhensible que, malgré la contribution des régions du nord à la richesse nationale, celles-ci soient exclues des grands projets de développement financés par le budget national. Chaque année, des fonds sont alloués à des projets dans d'autres régions du pays, tandis que les régions du nord continuent de souffrir d'une absence criante d'infrastructures et de services publics. Le budget national, qui intègre des recettes issues des mines, de la pêche et des ressources naturelles, ne semble pas tenir compte des besoins spécifiques de ces régions. Parallèlement, la dette extérieure continue de croître, avec des financements internationaux qui semblent également privilégier d'autres zones du pays, laissant les régions du nord dans une situation de précarité. Les dons et financements extérieurs, censés soutenir les zones les plus démunies, ne se concrétisent guère dans ces régions pourtant riches en ressources.

Le problème des nominations administratives

Un autre aspect qui met en lumière l'injustice dont souffrent ces régions est la question des nominations administratives. Chaque semaine, lors des conseils des ministres, les régions du nord sont systématiquement oubliées dans les nominations aux postes de responsabilité au sein de l'administration. L'absence de représentation effective de ces régions dans les hautes sphères décisionnelles est frappante, renforçant l'impression d'une marginalisation délibérée. Il existe une perception grandissante que les nominations sont souvent fondées sur des critères de favoritisme et sur un déséquilibre régional manifeste. En effet, deux régions, celles du brakna et l'est du pays, ( Assaba ) un semblent être les grandes bénéficiaires de ces décisions, au détriment des autres zones. Ce phénomène nourrit des frustrations et un sentiment d'injustice parmi les habitants des régions du nord, qui ne comprennent pas pourquoi leurs richesses naturelles et leur contribution à l'économie nationale ne se traduisent pas par un développement réel et une représentation équitable.

Une politique de développement régional plus équitable est urgente

Le contraste entre les ressources abondantes de ces régions et le manque de développement de leurs infrastructures est une question cruciale qui ne peut être ignorée davantage. Il est urgent que l'État prenne des mesures concrètes pour investir dans les infrastructures de ces régions, afin de favoriser un développement économique inclusif et durable. Le gouvernement doit également revoir ses priorités en matière de financement et de planification afin que les régions du nord puissent bénéficier de leur juste part des budgets alloués et des financements extérieurs. Les régions du nord, qui alimentent en grande partie la balance de paiement du pays, ne doivent plus être laissées pour compte. L'exclusion systématique de ces territoires, que ce soit au niveau des projets de développement, des investissements ou des nominations administratives, est une injustice flagrante. Il est grand temps de mettre fin à ce déséquilibre et de garantir un développement harmonieux et équitable sur l'ensemble du territoire national. La Mauritanie ne pourra prétendre à un véritable progrès qu'en assurant à toutes ses régions, riches ou pauvres, un accès égal aux opportunités de développement et à une représentation juste dans les instances décisionnelles. Les régions du nord, avec leurs immenses potentiels, ont un rôle central à jouer dans cette évolution, à condition qu'elles soient enfin prises en compte à leur juste valeur .

Abidine sidaty

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