Le gouvernement rejette les accusations de HRW et défend sa politique migratoire | Nor Info

Le gouvernement rejette les accusations de HRW et défend sa politique migratoire

mer, 03/09/2025 - 13:37

Le ministère mauritanien de l’Intérieur a réagi ce vendredi 29 août au rapport accablant publié cette semaine par Human Rights Watch (HRW), qui accuse la Mauritanie de graves violations des droits humains dans sa gestion de la migration irrégulière. Dans un long communiqué diffusé sur sa page Facebook officielle, le gouvernement qualifie les allégations de l’ONG de « non objectives » et affirme que toutes ses actions s’inscrivent dans le respect des lois nationales et des conventions internationales.

Des mesures humanitaires mises en avant

Le ministère rappelle avoir ouvert cinq centres d’accueil et d’hébergement temporaires à Nouakchott et à Nouadhibou, dont un réservé aux femmes. Deux nouveaux centres pour les migrants secourus en mer devraient être opérationnels d’ici fin septembre. Ces structures, selon les autorités, sont équipées de moyens de subsistance, de soins médicaux, d’eau potable, d’électricité et de transports climatisés. Des registres signés par les migrants eux-mêmes auraient été mis en place « pour garantir que personne n’a subi d’humiliation ni de torture » avant son rapatriement.

Contrôle et transparence

Le communiqué souligne que ces centres ont été régulièrement visités par des diplomates étrangers, des représentants de communautés africaines ainsi que par des instances nationales de défense des droits humains, toutes ayant exprimé leur « satisfaction ». Le ministère affirme également qu’aucun migrant n’a présenté de preuve attestant de mauvais traitements, de torture ou de confiscation de biens.

Résultats et opérations de sauvetage

Les autorités affirment avoir démantelé plusieurs réseaux de trafic de migrants, déjoué « des centaines de tentatives » de traversée illégale et sauvé des milliers de personnes en détresse en mer. Elles mentionnent aussi l’inhumation de près de 900 corps rejetés par l’océan ces dernières années Le dernier drame en date, survenu le 27 août au large de M’Heijrat, a fait plusieurs dizaines de morts et de disparus. Le ministère rappelle à ce titre « le rôle crucial » joué par les garde-côtes dans les opérations de secours.( le dernier en date est TEN ALLOUL mardi 2septembre ). 

Une riposte politique à HRW

Tout en reconnaissant la gravité de la crise migratoire, Nouakchott estime que HRW passe sous silence les efforts consentis. La Mauritanie rappelle qu’elle accueille depuis 1991 plus de 153 000 réfugiés maliens dans le camp de M’berra et qu’elle assume « seule » la présence de près de 300 000 migrants sur son sol. Le gouvernement se dit « ouvert » à tout partenaire officiel souhaitant constater sur place les mesures mises en œuvre. Il réaffirme enfin son « engagement constant » pour les droits humains, tout en rejetant « toute allégation dénuée d’objectivité et de crédibilité ». Le rapport de HRW, publié le 27 août, documente plus de 200 témoignages de migrants ouest-africains qui disent avoir subi violences, viols, humiliations et expulsions massives en Mauritanie. L’ONG accuse également Nouakchott de mener une politique répressive sous l’influence d’un accord migratoire de 210 millions d’euros conclu en 2024 avec l’Union européenne et l’Espagne. HRW appelle la Mauritanie et ses partenaires à replacer la dignité humaine au cœur de leur coopération.

S/ Trust magazine