
Le port de N'Diago dont les travaux se sont achevés il y a deux à trois ans, n'est toujours pas fonctionnel, par défaut d’infrastructures logistiques (eau, électricité, route). Un dispositif qui aurait dû être mis en place avant ou en cours de construction des installations portuaires. Nous avons, comme on dit, mis la charrue avant le bœuf. La mauvaise gestion ne signifie pas seulement le détournement de crédits ou de fonds publics, mais aussi le manque de rationalisation des choix budgétaires. Je vous donne deux exemples se rapportant à la route et à l'approvisionnement en eau. Pour la route, nous avions fait remarquer, dès le départ, que l'itinéraire décidé ne représentait pas le choix le plus judicieux, ni pour le crucial désenclavement de la zone, dans la mesure où il contourne les agglomérations de la commune, ni pour l’impérieux souci d'économie budgétaire, car le parcours emprunté requiert des ouvrages onéreux liés à la traversée des cours d'eau. Je voudrais bien que les décideurs procèdent à une comparaison entre le coût final de ces 42 km de route et les prévisions de dépenses initiales, sans compter l’énorme temps perdu pour un tronçon qui devait s'achever en six mois et qui traîne encore aujourd'hui cinq à six ans après. Pour l'alimentation en eau, il paraît que la formule retenue consiste à mettre en place une usine de dessalement d'eau de mer d'une capacité de 1000 à 1500 m3/jour sur financement d'un prêt de 500 millions d'ouguiyas. Or, le port se trouve à une distance d'à peine 5 km à vol d'oiseau du fleuve Sénégal où des milliards de m3 sont rejetés dans l'océan chaque année et un approvisionnement à partir de l'ouvrage de « Lemer »n'aurait pas coûté plus de 20 millions d'ouguiyas. Je n'aurais pas eu besoin de cet écrit si les décideurs avaient tenu compte de l'esprit de l'Ordonnance 87-289 qui les oblige à prendre préalablement l'avis des élus locaux pour des actions gouvernementales qui concernent leur circonscriptions électorales.




