
Le parquet de Nouakchott Ouest a décidé de classer l’affaire concernant toutes les personnes visées par l’enquête relative au contrat du laboratoire technique de la police, conclu entre la Direction Générale de la Sûreté Nationale et la société GENOMED, soumise au droit britannique. Le parquet a précisé, que cette décision fait suite à l’étude de la procédure légale qui lui a été transmise par la Direction chargée des crimes économiques, et à l’audition des personnes concernées, où il est apparu que les procès-verbaux établis ne contenaient pas de faits constituant des actes incriminés par la loi. Voici le texte du communiqué: “À la lumière de ce qui a été diffusé par certains médias en décembre 2024, concernant le contrat relatif au laboratoire technique de la police, conclu entre la Direction Générale de la Sûreté Nationale et la société GENOMED, soumise au droit britannique, une enquête administrative et technique a été ouverte au niveau de la Direction Générale de la Sûreté Nationale, et ses résultats ont conclu à ce qui suit:
1- Que toutes les obligations contractuelles stipulées ont été remplies comme il se doit;
2- Que les différents services faisant l’objet du contrat ont été exécutés conformément à ce qui a été convenu;
3- L’absence de toute perte susceptible de nuire à l’intérêt public;
4- L’absence de toute implication potentielle d’une entité ou d’un membre de la police dans ce qui a été soulevé concernant le contrat.
En conséquence, le rapport d’enquête a été transmis au parquet pour examen des aspects pénaux qui pourraient être soulevés, où la police judiciaire compétente, représentée par la Direction chargée des crimes économiques, a été chargée de mener les recherches et les investigations, de préparer la procédure légale nécessaire et de la transmettre au parquet. Après la transmission de la procédure au parquet, son étude et l’audition des personnes concernées, il est apparu ce qui suit:
1 – Que les procès-verbaux établis ne contenaient pas de faits constituant des actes incriminés par la loi;
2 – En conséquence, il a été décidé de classer l’affaire concernant toutes les personnes visées par l’enquête.
Mohamed Ould Ghadde arrêté
C’est dans ce contexte que le président de l’Organisation de la Transparence Globale, Mohamed Ould Ghadde ( voir photo), quelques temps après cette publication qu’il a annoncé son intention de saisir le parquet avec des documents relatifs au dossier du « laboratoire de la police ». Avant de passer à l’acte prévu le lundi 15 décembre, des agents de la police mauritanienne en civil l’ont interpellé. C’était dans la nuit de samedi à dimanche 14 décembre. Selon une source familiale citée par l’Agence Al-Akhbar indépendante, des policiers ont fait irruption au domicile de l’intéressé peu avant minuit et l’ont conduit sans présenter de convocation ni de mandat judiciaire. La même source indique que les agents ont refusé d’attendre que le gardien informe Ould Ghadde de leur présence et ont forcé l’entrée du domicile. L’arrestation serait intervenue vers 23h50. Plus tôt dans la soirée, Mohamed Ould Ghadde avait déclaré à l’Agence Al-Akhbar indépendante que son organisation comptait déposer, lundi prochain, une plainte auprès du parquet concernant de « graves irrégularités » liées au marché du laboratoire médico-légal de la police. Il avait également exprimé sa surprise face à la décision du parquet de classer l’action publique dans ce dossier, malgré, selon lui, l’existence de preuves impliquant plusieurs parties dans des faits présumés de corruption, notamment l’offre et la réception de pots-de-vin liés à ce marché.




